Lorsque l’on ne supporte plus son propre logement en raison des ondes électromagnétiques présentes dans l’environnement, il ne suffit pas toujours de déplacer quelques appareils ou de couper son Wi-Fi. Pour certaines personnes électrosensibles, rester chez soi devient impossible, tandis que trouver un lieu réellement compatible avec leur état demande alors du temps et de l’accompagnement, mais des solutions existent bel et bien. À la souffrance physique s’ajoutent alors l’isolement, l’incompréhension et, parfois, une grande précarité.
Chez Geotellurique, l’électrosensibilité n’est pas seulement un sujet que nous connaissons à travers les témoignages de nos clients. Bruno Geissert, directeur général et co-gérant de l’entreprise, a lui-même été confronté à l’électro-hypersensibilité dès 2008. Il connaît les difficultés qui accompagnent l’apparition de symptômes difficiles à comprendre, le sentiment d’isolement, mais aussi le long chemin nécessaire pour en identifier les causes, retrouver un environnement permettant de récupérer et se reconstruire. C’est pourquoi nous avons choisi de relayer et de soutenir le projet des Caravanes de Répit, porté par l’Association Zones Blanches. Il s’agit de refuges mobiles installés dans des environnements à faible rayonnement, qui permettent à des personnes électrosensibles en grande difficulté de bénéficier temporairement d’un toit et d’un accompagnement humain.
Électrosensibilité, quand le domicile devient invivable
L’électrosensibilité, également appelée hypersensibilité électromagnétique, se manifeste différemment selon les personnes. Son apparition peut s’inscrire dans des contextes très variés, tels qu’une surexposition aux ondes électromagnétiques ou un état de santé déjà fragilisé, notamment par la maladie de Lyme, ou d’autres difficultés agissant en co-facteurs d’inflammation chronique. Les personnes concernées font fréquemment état de maux de tête, de troubles du sommeil, d’une fatigue persistante ou de difficultés de concentration, ainsi que d’autres symptômes apparaissant ou s’intensifiant dans certains environnements électromagnétiques.
L’OMS utilise l’expression « intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques » (IEI-CEM) pour désigner l’électrohypersensibilité. Par ailleurs, le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS, a classé comme « peut-être cancérogènes pour l’être humain » (groupe 2B) les champs magnétiques d’extrêmement basse fréquence en 2002, puis les radiofréquences en 2011. Ce second classement repose notamment sur des indices limités d’un risque accru de gliome associé à un usage intensif du téléphone sans fil.
En France, l’ANSES estime qu’environ 5 % de la population se déclarerait électrohypersensible, ce qui représenterait près de 3,5 millions de personnes et plus de 25 millions à l’échelle européenne. L’agence reconnaît la réalité des symptômes et des difficultés vécues, mais considère que les données scientifiques disponibles ne permettent pas, à ce jour, d’établir un lien de causalité entre ces symptômes et l’exposition aux champs électromagnétiques.
La situation devient particulièrement complexe lorsque la personne ne trouve plus de repos dans son propre logement. Wi-Fi du voisinage, téléphones sans fil, antennes-relais, objets connectés, compteurs communicants ou équipements électriques peuvent alors constituer autant de sources d’exposition particulièrement difficiles à maîtriser lorsqu’elles proviennent de l’extérieur. Pour les personnes les plus sensibles, trouver un environnement suffisamment calme sur le plan électromagnétique relève souvent du parcours du combattant, tant les véritables zones blanches sont aujourd’hui devenues très rares.
Qu’est-ce qu’une Caravane de Répit ?
L’Association Zones Blanches œuvre depuis plus de dix ans pour la protection et l’accompagnement des personnes hypersensibles aux ondes. Reconnue d’intérêt général et agréée ESUS, elle mobilise plusieurs dizaines d’experts autour du pilotage, de l’expertise médicale et de l’innovation dans l’habitat. Face aux demandes de logement d’urgence qu’elle reçoit chaque semaine, elle a imaginé un dispositif mobile et souple, capable d’offrir rapidement un abri. Une Caravane de Répit est une caravane donnée ou achetée d’occasion, remise en état, aménagée avec un blindage électromagnétique pour limiter autant que possible les sources d’ondes, puis installée chez un partenaire hôte sensibilisé à l’électrosensibilité.
Un toit et une présence humaine
Le projet repose sur une idée simple : proposer à une personne en grande difficulté un toit et une présence. Le toit offre un espace où se poser et récupérer. La présence prend la forme d’un accompagnement humain : écoute, soutien psychologique et aide dans les démarches nécessaires pour préparer la suite.
À qui s’adresse cet accueil et pour combien de temps ?
L’accueil s’adresse à des adultes en situation de grande précarité ou d’isolement, qui ne parviennent plus à vivre dans leur logement et ne trouvent pas d’hébergement compatible avec leur état. Il concerne les personnes électrosensibles, mais aussi celles qui souffrent d’hypersensibilité aux produits chimiques (MCS). Le séjour est temporaire et peut durer jusqu’à trois mois. Il ne prétend pas régler en quelques semaines toutes les difficultés accumulées. Il offre d’abord quelque chose d’essentiel : un endroit où se poser, récupérer, retrouver un peu de stabilité et envisager l’avenir avec davantage de sérénité.
Des lieux d’accueil à faible rayonnement
Les caravanes sont installées chez des partenaires hôtes qui connaissent bien la problématique de l’électrosensibilité. Ces lieux respectent une charte de bonnes pratiques, avec une limitation forte des sources d’ondes, l’absence de Wi-Fi et la mise en veille des téléphones portables. Il ne s’agit pas de promettre un environnement totalement exempt de champs électromagnétiques, ce qui est devenu extrêmement rare : on parle d’un environnement à moindre rayonnement, proche de ce que l’on trouve dans les zones grises.
Cette approche rejoint pleinement celle que nous défendons chez Geotellurique : identifier les sources, mesurer, puis réduire les expositions évitables avant d’envisager des solutions de protection ou de blindage. Vous retrouverez cette démarche dans nos conseils d’hygiène électromagnétique et dans notre guide consacré aux différentes façons de se protéger des ondes électromagnétiques.
Une urgence sociale encore largement invisible
Chaque semaine, l’association reçoit en moyenne deux demandes urgentes de personnes contraintes de quitter leur domicile. Avec la densification continue des réseaux, les espaces naturellement calmes en rayonnements non ionisants se raréfient, et les solutions d’hébergement classiques deviennent inaccessibles pour ce public. Une personne électrosensible se retrouve souvent exclue, non par manque de structures, mais parce que le Wi-Fi et la téléphonie mobile sont désormais présents presque partout. Cette difficulté particulière peut conduire à dormir dans une voiture, une tente ou un lieu isolé, avec tout ce que cela implique en matière de sécurité, de fatigue et de rupture sociale.
Le projet des Caravanes de Répit ne réclame aucun privilège. Il défend une forme d’égalité d’accès au repos, à la sécurité et à la dignité, pour des besoins spécifiques encore trop peu pris en compte. C’est cette articulation entre santé, précarité et environnement qui rend la démarche à la fois humaine et nécessaire.
Une campagne pour financer la première Caravane de Répit
Pour lancer son premier refuge, l’Association Zones Blanches a ouvert une campagne de financement participatif sur la plateforme Fraternité pour Demain. La collecte, qui prendra fin le 15 octobre 2026, vise un premier palier de 8 500 €. Cette somme permettra de financer le transport, la remise en état, l’aménagement adapté et l’installation de la caravane dans un lieu d’accueil. Le projet bénéficie déjà d’une belle dynamique de solidarité, soutenue par plusieurs associations partenaires.
Un élément rend chaque contribution encore plus efficace : grâce au Fonds Fraternité pour Demain, chaque euro versé est doublé, dans la limite de 8 500 € collectés. Concrètement, 1 € donné représente 2 € pour le projet. Les dons ouvrent également droit à un reçu fiscal permettant une réduction d’impôt égale à 66 % du montant versé. Un don de 30 € ne revient ainsi qu’à 10,20 € après déduction fiscale.
Vous pouvez agir de deux façons : participer directement à la cagnotte des Caravanes de Répit ou partager la campagne autour de vous. Chaque partage peut permettre de toucher de nouveaux soutiens avant la clôture de la collecte. Pour découvrir le projet dans son ensemble, rendez-vous sur la page consacrée aux Caravanes de Répit sur le site de l’Association Zones Blanches.
Pourquoi Geotellurique soutient cette initiative
Depuis plus de quinze ans, Geotellurique met son expertise au service des personnes électro-hypersensibles et de toutes celles qui veulent adopter de bonnes pratiques d’hygiène électromagnétique. Nous les accompagnons pour comprendre leur environnement et mettre en place des solutions adaptées. Cet engagement n’est pas abstrait, il est intimement lié à l’histoire de Bruno Geissert, confronté lui-même à l’électro-hypersensibilité dès 2008. La création d’un lieu de vie protégé, où il pouvait enfin se reposer et se reconstruire, a joué un rôle essentiel dans son parcours. Il le raconte dans son témoignage « Électrosensibilité : mon parcours de reconstruction et de mieux-être ».
Nous rejoignons ainsi les autres acteurs mobilisés autour de cette initiative, parmi lesquels Robin des Toits, Cœurs d’EHS, Débranche, Z’ondes, POEM 26, la S.E.R.A. et Navoti. Chacun contribue, à son échelle, à faire connaître le projet et permettre l’ouverture de ce premier refuge.
Donner, c’est contribuer concrètement à la création d’un lieu où une personne pourra enfin souffler. Partager cette initiative, c’est l’aider à rencontrer celles et ceux qui peuvent la rendre possible. Chaque geste compte pour offrir un toit, une présence et un véritable temps de répit à une personne qui en a profondément besoin.
